Du 27 au 30 juin, nous avons participé à Concertina, les Rencontres estivales autour des enfermements, organisées à Dieulefit, dans la Drôme.
Nous étions huit à prendre la route en minibus pour y présenter La Fabrique de la mémoire d’un lieu, une proposition imaginée dans le cadre du projet de recherche-création Les sens de la porte, porté par Cartier Libre et La Morsure.
Fondé par Bernard Bolze, membre fondateur de l’Observatoire international des prisons (OIP) et président de Concertina, le festival réunit chaque année chercheur·euses, artistes, magistrat·es, avocat·es, travailleur·euses sociaux·ales, journalistes, ancien·nes détenu·es, ancien·nes surveillant·es et citoyen·nes autour d’une réflexion sur les différentes formes d’enfermement. Pendant trois jours, conférences, débats, projections, ateliers, spectacles et rencontres se succèdent, offrant un espace de dialogue entre savoirs, expériences vécues et pratiques artistiques.
Notre intervention prenait la forme d’un atelier-conférence participatif. Plutôt que de présenter notre recherche de manière théorique, nous avons proposé aux participant·es d’en faire l’expérience. À travers des exercices issus de notre processus de création et la remise en jeu de certaines scènes du spectacle en cours d’écriture, chacun·e a été invité·e à mobiliser son corps, sa mémoire et son imaginaire. L’objectif était de comprendre notre démarche autant par la réflexion que par l’expérience sensible.
Au-delà de notre intervention, ces quelques jours ont été marqués par de nombreuses rencontres et discussions. Nous avons notamment assisté à une table ronde consacrée à la surpopulation carcérale, réunissant ancien·nes détenu·es, ancien·nes surveillant·es, responsables associatif·ves et représentant·es politiques. Ces échanges, comme l’ensemble de la programmation, ont nourri notre réflexion et replacé notre travail dans un ensemble plus large de recherches, de témoignages et de pratiques engagées autour des questions de l’enfermement.
Nous revenons de Dieulefit avec des images, des récits, des discussions et de nouvelles questions qui continueront d’alimenter Les sens de la porte. Ces quelques jours nous ont permis de confronter notre démarche à des regards très différents, venus de la recherche, du monde judiciaire, du travail social, de l’expérience de l’enfermement et de la création artistique. Une étape importante dans la poursuite de ce projet.
Un grand merci à Clara Grisot, à Bernard Bolze et à toute l’équipe de Concertina pour leur accueil, leur confiance et la qualité de ces rencontres.
